L’embodiment est un acte de résistance […]

L’embodiment c’est l’art de s’écouter, de revenir à soi, d’habiter son corps avec présence et authenticité. Quelque chose de précieux qui semble aller à contre-courant du monde dans lequel nous vivons, régit par la vitesse, par la performance et un irrémédiable besoin de résultats. 

On retrouve cette vitesse et ce besoin presque vital de performance même dans le yoga traditionnel. Des pratiques rectilignes, droites, structurées, qui ne sortent pas du cadre. La structure est très importante car elle des fondations, notamment pour la pratique physique. Mais certaines visions semblent empreintes de rigidité et sont souvent restrictives : elles voient les corps comme des outils à modeler et forcer à merci pour rentrer dans l’expression complète d’un asana. Or, un corps a besoin d’être accompagné, écouté, considéré. Ce n’est pas au yogi de tendre vers les expressions posturales totales, c’est plutôt au yoga de s’adapter à lui et à la singularité de son enveloppe corporelle. 

Après des années à pratiquer le ashtanga (qui est une pratique m’ayant apporter de la force, de l’équanimité, une structure et pour qu’elle je suis aussi reconnaissante), la grossesse m’a invité à découvrir d’autres horizons. Des mouvements plus incarnés, plus doux, conjugué par un apport nécessaire, vitale même, à la sensorialité.

Avant je pensais que le yoga c’était « se forcer » au nom de la discipline « tapas ». Si je n’y arrivais pas, je concevais la pratique comme un échec. Cette forme d’élitisme au sein même de la tradition du yoga m’a invité à me questionner, longuement.

Avec les années, j’ai aussi appris que le yoga c’était aussi ne pas/plus pousser son corps dans ses retranchements. C’est s’accepter dans une dynamique d’amour et non une logique de résultat (ahimsa)

Alors, avons-nous besoin de réformer les croyances autour du yogasana ?

En tant que femmes, j’ai le sentiment que ce dessein devient de plus en plus impérieux. Le physique et la force mises sur un piédestal contreviennent de façon saisissante à nos besoins. Et c’est ainsi qu’une autre question vient à se poser :

L’héritage du yoga (somme toute assez patriarcal) est-il le fruit d’une pratique crée par des hommes et pour des hommes ? (Voir à ce titre l’excellent ouvrage de « Yoga as embodied resistance : A feminist Lens on Caste, Gender and Sacred Resilience in Yoga History par Anjali Rao

Même dans les traditions yogiques, le corps des femmes à (souvent) été source de « contrôle » et de restrictions (exemple de l’interdiction de la pratique du ashtanga pendant les règles ou encore de certains asanas notamment les inversions, alors qu’à ce jour il n’y a aucune preuve scientifique attestant du réel danger). 

La structure souvent mise en avant dans le yoga est masculine, intransigeante. Et pour les femmes, il convient de le dire, c’est contre-nature. Notre nature intérieure est calquée aux cycles de la nature avec un grand « N ». Les saisons, les souffles, les lunes… La nature a besoin d’espace et de temps, nous avons besoin d’espace et de temps. Cette interdépendance et interconnexion doit être la pierre angulaire de la pratique. 

Aux contrôles des corps, se conjuguent aussi celui des sensations, des ressentis, des émotions … Pourquoi ? Parce que dans l’idéologie du raja yoga (cf Patanjali) il y a cette idée de devoir se détacher de tout ce qui nous traverse car cela cause de la souffrance. Mais… En se détachant est-ce que l’on fait preuve « d’escapism » ? Est-ce de la suppression, du déni…? Est souvent abordé les questions des femmes, jugées trop émotionnelles … Une émotion est une énergie en mouvement qui nous traverse, c’est ce qui nous rend profondément vivante. 

En ce sens, les recherches en la matière les dernières décennies ont permises d’établir un lien inexorable entre les émotions et l’impact qu’ont ces dernières dans le corps physique (« the issues are staying in the tissues ». En d’autres termes, le corps se souvient et le corps « n’oublie rien » (The body keeps the score, Bessel Van Der Kolk)

Aujourd’hui, on assiste à quelque chose d’inédit.

De plus en plus de f  « âmes » souhaitent mettre leur pratique au service de leur intuition, de leur créativité, de leur singularité. Un rapport progressif vers la sensualité se dessine. Ce retour vers la sensorialité est un acte de résistance à part entière. 

Résistance contre des principes du yoga archaïques, dépassés & misogynes 

Résistance contre un monde qui priorise la vitesse à l’écoute 

Résistance contre l’oppression silencieuse qui pèse sur les femmes 

Résistance contre les perceptions, les visions limitées et dommageables sur le corps féminin 

En somme, l’art d’habiter son corps en faisant fi des moindres restrictions est sans nul doute une nouvelle façon de repenser le yogasana. Une forme de liberté d’expression corporelle à part entière qui propose de vivre, d’incarner, d’habiter sa pratique plutôt que de la subir. 

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